Obligations indexées sur l'inflation

L’indice des prix à la consommation ne traduit pas l’inflation contenue dans les esprits des ménages.

es obligations indexées sur l’inflation ont  vu leur apparition en septembre 1998 avec les OATi. Certains Trésors avaient déjà émis de la dette indexée sur l’inflation depuis longtemps : UK (1981), Australie (1985), Canada (1991), Suède (1994) et USA (1997). Deux émetteurs en France l’Agence France Trésor (AFT)  et la caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES).

Les caractéristiques techniques générales de ce type d’obligations reposent sur :

- Un indice de référence qui correspond à l’indice des prix à la consommation (IPC), hors tabac, pour l’ensemble des ménages résidant en France métropolitaine, publié mensuellement par l’INSEE ou des emprunts indexés sur l’indice des prix à la consommation de la zone euro.


-  Le principal ou nominal (1€) de l’OATi ou OAT€i sera ajusté sur la base de ces indices d’inflation pour tenir compte de l’évolution des prix. Le gain lié à cet ajustement sera perçu avec le principal à l’échéance du titre.


- L’OAT indexée bénéficiera d’une garantie de remboursement au pair (1€) : dans le cas où l’indice d’inflation à l’échéance est plus faible que l’indice d’inflation à l’émission du titre, le remboursement est égal au principal initial.


- L’OATi versera un coupon annuel calculé comme un pourcentage fixe du principal indexé. Ce pourcentage fixe, appelé également coupon réel, sera déterminé au moment de l’émission et restera fixé pour la durée de vie du titre.


- L’indexation du principal et des coupons passera par la définition d’une référence quotidienne d’inflation, calculée par interpolation linéaire des deux derniers indices mensuels d’inflation publiés par l’INSEE (cf. calculs plus bas). Ainsi, le délai entre la date d’indexation et la date à laquelle l’inflation a été constatée sera inférieur à trois mois.

Qu'est-ce que l'indice des prix à la consommation ?

L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure, entre deux périodes données, de la variation du niveau général des prix sur le territoire français.

Il s'agit des prix des biens et des services proposés aux consommateurs sur l'ensemble du territoire. L'Insee suit les prix affichés toutes taxes comprises (TTC). Cela comprend les soldes et les promotions, mais exclut les réductions privées (cartes de fidélité) et les remises en caisse.

Une faible part, moins de 5 %, des biens et services ne sont pas couverts par l'indice : il s'agit principalement des services hospitaliers privés, de l'assurance vie et des jeux de hasard.

Ces produits sont exclus pour des raisons méthodologiques : par exemple les assurances vie sont en général à la fois des assurances, qui devraient être suivies par l'IPC, et des placements financiers, exclus du champ de l'IPC. Or ces deux fonctions sont indissociables et il est donc impossible de déterminer le prix du seul service d'assurance. L’IPC ne tient pas compte par exemple de l’indice de la construction qui est le principal élément servant pour calculer les augmentations des loyers. Rappelons que cet indice a progressé de plus de 10% en 2008 et que les ménages consacrent plus de 30% de leurs revenus pour se loger. Aussi l’IPC est un indice qui ne correspond pas à l’image de l’inflation qui est souvent dans les esprits des intervenants.

Comment est calculée la référence quotidienne d’inflation ?

La référence applicable au premier jour du mois m est l’IPC du mois m-3. Par exemple, la référence applicable au 1er  avril  est l’IPC du mois de janvier, celle du mois de mai est celle du mois de février. Les 2 IPC connus aujourd’hui sont ceux de janvier 117.13 et de février 117.59. L’IPC par exemple pour le 5 avril 2009 se calculera par interpolation entre les deux indices connus soit ceux de janvier 117.13 et février 117.59 de la façon suivante :

117.13 + 4/30 * (117.59 – 117.13) soit 117.19133 arrondi à 5 chiffres. La fraction 4/30 représente le nombre de jour du mois, ici le 5, moins un jour pour 30 jours au mois d’avril.

Le coefficient d’indexation pour chaque obligation indexée se fait en divisant la référence quotidienne par l’IPC constaté le jour de l’émission de l’obligation. Par exemple pour l’OATi 2013 émise le 25 juillet 2002 avait un IPC de 105,55484.

Le coefficient d’indexation (CI) de l’OATi 2013 au 5 avril sera égal à 117.19133 (cf. calcul plus haut) divisé par l’IPC constaté le jour de l’émission 105.55484 conduisant à 1,11024.

Comment se calcule une OATi ?

La cotation d’une OATi s’effectue en % du nominal (1€). Comme pour les obligations à taux fixe la cotation s’effectue pied de coupon. Le calcul du coupon couru s’effectue de la même manière que pour une obligation classique au coefficient d’indexation près. Le règlement livraison s’effectue à J+3.

Exemple : OATi 25 juillet 2013

Achat le 3 avril, règlement le 5 avril pour 10 millions à 101.20%

Coefficient d’indexation au 5 avril : 1.11024 en date du règlement soit le 5 avril

Nombre de jours exacts depuis le versement du dernier coupon: 254

Coupon couru : 2.5% x 254 / 365 soit  1,740% (arrondi à la 3ème décimale)

Valeur du coupon couru : 10M x 1.740% x 1.11024 =  193 181,76

Valeur du nominal : 10M x 101.20% x 1,11024 = 11 235 628,80

Valeur à régler le 5 avril  193 181,76 + 11 235 628,80 = 11 428 810,56 euros

Dans quels cas est-il intéressant d’acheter des obligations indexées sur l’inflation ?

Avant de répondre à cette question il convient de définir la relation qui existe entre le taux par exemple de l’OAT 2013 et celui obtenu par l’OATi 2013. Le taux de l’OAT est appelé taux nominal (Rn) et celui de l’OATi taux réel (Rr) qui sont liés par la relation : Rn = Rr + Inflation.

Le taux actuariel d’une OAT est toujours supérieur à celui d’une OATi, et par régression on montre que le taux réel est expliqué par 40% du taux nominal plus une constante et l’inflation par 60% du taux nominal.

De cette constatation les OATi sont moins sensibles aux variations des taux, en cas de baisse des taux il est préférable d’être investi en OAT qu’en OATi. D’une certaine manière les OATi absorbent les variations de taux et de ce fait sont des instruments peu risqués mais aussi peu rentables !

La différence entre le taux nominal et le taux réel est aussi appelé point mort d’inflation ou « break-even » (BE). A titre d’exemple le graphique ci-dessous retrace le BE entre l’OAT et l’OATi de même échéance 2013 sur longue période.

Afin de faciliter le mode d’investissement entre des OAT et des OATi nous donnons des règles simples consignées dans le tableau suivant :

Vue sur le marché Vue sur le BE Stratégie
Haussier (baisse des taux) Haussier Achat OAT
Haussier (baisse des taux) Baissier Achat OATi
Neutre Baissier Achat OATi et vente OAT

Si l’on croit à une hausse des taux il n’est pas judicieux d’investir ou de détenir des OAT ou des OATi.. Aussi nous avons écarté de tableau cet événement. Dans le cas ou l’on anticipe une baisse des taux le choix entre la détention d’OAT ou OATi reposera sur la vision que l’investisseur se fait sur l’évolution du point mort d’inflation ou BE. Dans le cas ou l’investisseur estime une remontée du BE il se portera sur l’achat d’OAT et dans le cas contraire sur celui d’OATi. Enfin si l’évolution des taux est stable le choix portera sur les anticipations baissières (haussières) du BE comme indiqué sur le tableau.
 

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