Jouer la baisse des marchés : quels produits ?

C’est avec plaisir que je vais m’efforcer de répondre de façon concrète à cette question : « Comment jouer la baisse des marchés ? ». En premier lieu, tout ce qui va être décrit doit être lu non pas comme un conseil avisé que je pourrais émettre sur une nouvelle baisse du marché mais plus sur les différentes possibilités offertes à un investisseur qui anticiperait  une baisse du ou des marchés. Un article nouveau pourrait porter le titre « Comment jouer la hausse des marchés ? ».

De ce point de vue je ne peux que me souvenir des pensées de Jimmy Goldsmith sur les 3 manières de se ruiner. La première avec les chevaux, et d’ajouter c’est la plus rapide ;, la deuxième : avec les femmes, la plus agréable ; et enfin avec les experts, c’est de loin la plus sûre !

Aussi je vais me placer du coté descriptif qui permettra de donner un éventail offert sur les différents produits disponibles qui en quelque sortent montent lorsque les marchés baissent.


Mais il convient de faire une remarque basique : tout investisseur rationnel qui détient des actifs sur lesquels il anticipe une baisse dans un futur proche doit en tout premier lieu les vendre immédiatement. Les autres possibilités reposent sur ce que l’on appelle le « hedge » ou sur des positions directionnelles baissières.

Rappelons qu’une position de « hedge » se décompose en 2 lignes d’actifs. Une position (1) longue d’achat de titres par exemple ceux détenus en portefeuille et (2) une position vendeuse qui va en sens contraire de la position d’achat. Ainsi un portefeuille assuré ou « hedgé » sera immunisé tant sur une hausse que sur une baisse. Aussi je me suis toujours demandé pourquoi, si les conditions de marché le permettent, doit-on avoir un portefeuille immunisé ? Les seules réponses à cette réflexion se décomposent en deux alternatives :« je ne peux pas vendre car le marché n’ai pas assez liquide » ou « je ne suis pas sûr de mes anticipations et je limite mes risques ».


Dans tous les cas, à un moment ou à un autre, l’investisseur d’un portefeuille hedgé devra soit se dessaisir de ses lignes longues soit  couper sa position vendeuse pour obtenir un portefeuille directionnel. C’est donc dans le cadre directionnel que nous allons nous placer.

Les futures

Il s’agit de contrats à terme standardisés qui reposent sur des indices boursiers dont le plus connu est le CAC40. Ce type d’investissement en position « acheteur » ou « vendeur » nécessite une ouverture spécifique de compte chez votre dépositaire. Le compte sera ouvert avec un « deposit » (révisable, par exemple de 9 000€ par contrat en cas de forte volatilité) qui servira à couvrir les appels de marge quotidiens. Les contrats à terme suivent de très près l’évolution de l’indice et sont renouvelables de mois en mois. Un point de l’indice représente 10€. Par exemple si un investisseur vend un contrat CAC 40 cotant 3250, quand il passe à 3260 il perd 100€ mais s’il cote 3240 il gagne 100€. Dans des marchés très volatiles avec des variations en « intraday » de 5% soit 160 points, les différences sont très significatives représentant un écart de 1 600 euros. L’avantage de ce type de marché à terme repose sur grande liquidité ; mais en revanche il ne reflète que des variations d’indices sans pour autant permettre de suivre un titre particulier. Une couverture d’un portefeuille sur un indice doit être correctement estimée en termes de corrélation entre le portefeuille et l’indice (le bêta).

Couverture sur le marché des options

Deux possibilités sont offertes : la vente de calls ou l’achat de puts. Rappelons que les options sont d’autant plus chères que la volatilité est importante. D’un autre côté, la vente d’un call reste une opération spécifique et ne permet pas, sauf réajustements fréquents, une couverture totale. Le maximum de gain espéré repose sur le montant vendu des calls et rien de plus. Par contre l’achat de puts se rapproche d’une assurance prise sur la baisse. Les sommes mises en jeu (perte maximale) correspondent aux montants engagés sur les achats de puts et les gains correspondent à l’écart entre la valeur du prix d’exercice du put et celle du titre sous-jacent. Les options du type Liffe requièrent, comme pour les contrats à terme, une ouverture spécifique permanente du compte.

Afin de rendre plus accessible ce type de marché d’options, NYSE Euronext –avec une utilisation d’un compte titre classique- offre la possibilité d’accéder uniquement à des achats de warrants (options) et donc à des puts.

Les titres supports sur ce marché des warrants sont variés (actions, indices, matières premières, devises).

Les CFD

Le contrat de différence (CFD) ou a contract for difference en anglais (CFD) est tout simplement un accord entre deux parties (vendeur et acheteur), qui stipule que le vendeur payera à l'acheteur la différence entre le prix actuel d'un actif (indice, action, devise..Etc.) et sa valeur à une date déterminée. Si cette différence se révèle négative (positive), l'acheteur (le vendeur) est tenu de payer au vendeur (acheteur) cette différence.

Les CFD sont des concurrents en quelque sorte au SRD (action) ou aux contrats à terme. L’ouverture d’un compte s’effectue auprès d’un intermédiaire qui permettra d’accéder à ce type d’échange au moyen d’une plateforme ad hoc.

Le SRD

Par SRD (Service de Règlement Différé) permet, selon la réglementation en vigueur joint à l’accord de l’intermédiaire de vendre des titres à découvert. Les positions sont enregistrées et dénouées à la fin du mois boursier. Les titres éligibles au SRD sur NYSE Euronext portent sur des actions ou sur des Trackers (Exchange Traded Fonds). La liste des actions éligibles ainsi que celle des Trackers est diffusée sur le site d’Euronext. La possibilité d’une vente d’actions ou d’indices par le biais des ETFs à découvert permet de tirer un profit si les titres à racheter ont une valeur inférieure à celle vendue.

Les ETFs et Certificats.

Les ETFs ou Trackers sont des titres aussi faciles à traiter que des actions. Ils cotent sur NYSE Euronext et ont pour but de refléter aussi exactement que possible l’évolution d’un indice. Comme vu plus haut, ces produits dans la grande majorité sont éligibles au SRD et peuvent être vendus à découvert et donc propices à une anticipation baissière.

Parmi les ETFs et les Certificats certains ont été construits de telle sorte qu’ils reflètent une position inverse à celle de leur support avec ou sans effet de levier. En règle générale, ces produits qui baissent ou montent en sens inverse du marché sont appelés Bear (ours, symbole d’un marché bearish ou baissier). Ces produits, typiquement baissiers, ont des supports très variés : indices, or, pétrole …etc.

De cet ensemble de produits disponibles je ne pourrais que conseiller au futur investisseur de bien s’informer sur la nature et sur les conséquences des produits qu’il serait amené à utiliser dans un but de suivre la baisse non pas d’un marché mais d’un titre. Toujours investir sur des produits que l’on maitrise parfaitement telle sera ma conclusion.

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